Chronique Music in Belgium - "We stay together"

Image Alignment 150x150En 2003, Philippe Laloux perdait son fils de dix-neuf ans, renversé par un chauffard sous l’influence de drogues et d’alcool. Réalisé par un homme profondément marqué dans sa chair, avec quelques amis musiciens sous le nom de T-Bo, ce premier album est tout imprégné de ce tragique événement. Il apparaît comme un hommage posthume à un enfant qui désirait depuis longtemps voir enregistrer le travail de son père.

Né en 1959, originaire de Ciney, Philippe Laloux n’est pas un novice en matière de musique. Après avoir mené à terme des études au Conservatoire Royal de Musique de Bruxelles et de Mons (solfège et percussions), il a suivi diverses formations complémentaires (harmonie et analyse musicale, « Jazz »), enseigné et participé à diverses formations, dont Aqualung, un excellent « cover band » de Jethro Tull.

Le cumul de ces savoirs et de ces expériences tant positives que négatives donnent une ampleur étonnante à ce copieux CD, tout en finesse et fortement marqué par l’émotion. Le style devrait ravir les amateurs d’un « Rock Progressif » teinté de « Jazz » et de « Classique », représenté par Thijs van Leer en solo et avec Focus, Camel ou parfois Mike Oldfield.

De bout en bout, la construction des compositions, leur agencement dans la mécanique globale de l’œuvre et la mise en place des instruments démontrent une indiscutable maîtrise des techniques musicales. L’utilisation opportune de ces nombreux instruments offre une belle diversité à l’ensemble, tout en conservant une ligne constante au niveau des atmosphères. Celles-ci, délicatement planantes, sont systématiquement organisées autour des claviers, avec l’aide ponctuelle d’autres instruments, les guitares acoustiques principalement. Ces dernières, très présentes, effectuent également un bel ouvrage sur la rythmique qu’elle aère tant et plus. La batterie, appuyée par une kyrielle de percussions à l’usage plus spécifique au moment, évolue dans tous les registres, du plus posé au plus agité, du plus léger au plus sec. Elle constitue le meilleur lien entre les deux tendances opposées, représentées pratiquement par la flûte et la guitare électrique. La première joue un rôle primordial au niveau de l’émotion et dégage autant de tendresse que de tristesse. La seconde exprime plutôt une certaine révolte et la réaction. Elles se traduisent par de magnifiques envolées aériennes en solos, indiscutablement plus démonstratives, mais toujours bien en phase.

La simple lecture de ces quatorze titres en précise déjà parfaitement la forme et le fond :